Perigord noir

 

Sans titre

 

 

 

 
 © Françoise Connat

 

On rencontre encore, isolées dans les champs, ou plus rarement groupées en hameau, comme les cabanes du Breuil, ces petites constructions bâties en pierre sèches, du sol au faîte du toit, presque toujours coniques. Tenant sans ciment, ces cabanes ont la plupart été bâties au 19ème siècle. La contrainte exercée par les toitures de pierres sèches finit en effet par faire s'effondrer les cabanes en quelques decennies.


 © Boguy

Le mot borie fut introduit dans le Périgord dans les années 1970. Le terme authentiquement périgourdin est Cabane. "Boria" voulant dire étable à boeufs en occitan, la borie correspondrait plus à une petite métairie.

L'origine :

Il semblerait que les hommes aient commencé à empiler des pierres de façon à realiser un abris de forme sphériques vers le néolithique et plus précisement au début de l'agriculture et de l'élevage. Ces constructions ne ressemblaient pas à celles que nous pouvons voir aujourd'hui : il a fallu plusieurs millénaires pour élaborer la technique connue actuellement. 
D'utilité agricole , les paysans s'en servaient comme cabanes à outils, poulailler voir d' habitations provisoires.

La construction :

La construction ne s'improvisait pas, elle respectait des règles très précises pour eviter le phénomène du château de cartes : une seule pierre vacille et c'est tout l'ensemble qui s'écroule. Sans l'adjonction d'un quelconque matériau -ciment ou mortier, les forces devaient s'équilibrer parfaitement pour assurer la stabilité de l'édifice.

 Le choix des pierres était essentiel, absolument sèches, elle étaient calibrées par taille, les plus lourdes et les plus volumineuses servant aux fondations. Puis, on élevait le mur par empilement d'élément plus légers, assemblés entre eux selon un strict positionnement. Le plus difficile étant l'encorbellement : c'est l'ensemble de pierres posées à l'horizontale pour fermer une piece spherique sans aucune armature.

N'est pas bâtisseur qui veut, savoir-faire et coup d'oeil infaillible étaient les qualités requises indispensables pour que l'empilement d'environ 200 000 pierres sèches passe l'épreuve du temps. Vous pourrez vous y entrainer aux Cabanes de Breuil.


  © Boguy

 

Les Cabanes du Breuil :


 © Philippe Boite

 Les Cabanes du Breuil se situent à 9km de Sarlat au lieu dit Calpalmas à Saint André d'Allas. Voir la carte, cliquez ici.

Les cabanes du Breuil constituent un ensemble unique de bories du Périgord : cinq cabanes, dont certaines jumelées, aux toits de lauzes percés de lucarnes s'organisent autour d'un corps de ferme toujours en activité. Un espace culturel est consacré à la construction de ces cabanes et à celle de voûtes romanes. Le porche de la cour porte la date de 1841.

C'est à la suite de la proposition d'un visiteur, frappé par la beauté et l'originalité de l'ensemble des cabanes, que celles-ci ont fait l'objet d'une mesure de protection. D'abord protégées au titre des sites à partir de 1968, elles ont ensuite été classées monuments historiques le 10 mai 1995.

 


 © Philippe Boite

  

 

Le Périgord Noir